TRAIT  D'UNION

 

 

Notre revue trimestrielle est le lien entre l'association et ses adhérents

 

Elle contient différentes rubriques, dont les comptes rendus des manifestations et sorties des derniers mois

 

Elle permet également, à tout membre de proposer un article directement lié à l'activité et à la réglementation du camping-cariste

 

 

4 parutions par an 

 

 

Dans chaque n°, le sommaire  vous guide

sur vos centres d'intérêts, les sorties programmées.

 

Les comptes rendus, et PV d'assemblés et bien plus pour l'information de nos adhérents. 

 

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UN AMOUR DE COCCINELLE

 

Sur la piste des coccinelles

Montagne en Avril.. Alors que la neige s’accroche au pâturage, le soleil réchauffe les blocs de pierre . Surprise : à la surface d’un rocher se promène un point rouge tout rond, tout luisant. Une coccinelle, si près des sommets ? Cette rencontre inattendue marque le premier acte de la saga des croqueuses de pucerons .

Carrosseries chic, amours choc

En attendant le grand envol vers la plaine, les coccinelles s’accouplent en altitude. Au bout d’une semaine de bains de soleil quotidiens,.les mâles sont prêts. Les mouvements de leurs antennes sont de plus en plus démonstratifs. Quand la température atteint 15°C, ils commencent à chevaucher leurs congénères sans distinction de sexe. Escalader une demi-sphère lisse n’est pas une mince affaire , même quand on dispose pour s’arrimer de six pattes équipées de deux puissants crochets chacune. Chutes et roulades ponctuent ces approches acrobatiques.

Demoiselles voraces

Sous ses airs gais et débonnaires , la coccinelle révèle un terrible appétit. Une aubaine pour jardiniers et cultivateurs …mais pour les pucerons , quel cauchemar ! Dictons populaires ,BD, portes-clés, timbres, voitures : la coccinelle est partout ! Si cet insecte porte-bonheur jouit d’une si bonne réputation, c’est d’abord qu’il est extraordinairement utile . Depuis que l’homme cultive la terre, chaque printemps la coccinelle vole à ses secours. Affamée par un jeûne de plusieurs mois, la belle arrondie n’a qu’une seule idée : croquer, sucer, engloutir du puceron.

La course aux pucerons

Une fois remise de son jeûne hivernal, la coccinelle cherche à assurer sa descendance. Il lui faut pour cela pondre ses œufs à proximité immédiate d’une colonie de pucerons qui nourrirons ses larves . Chaque fois qu’elle pond, la coccinelle tente un coup de poker risqué. La faute aux pucerons et à leurs moeurs nomades.

Le ballet des larves

En quelques jours, les œufs s’assombrissent. Puis les jeunes coccinelles éclosent : bonjour la vie ! Un premier œuf a éclos. La tête de la larve se redresse, ses pattes se déplient et dessinent dans l’espace des mouvements très lents. Une seconde puis une troisième larve émergent à leur tour d’un fût trop étroit. Ensemble elles développent une chorégraphie issue de la nuit des temps : le sacre du printemps.

Tout est bon dans le puceron

Vous trouviez les coccinelles voraces ? Ce n’est rien face à leurs larves jamais rassasiées. Mais attention, car ces dernières peuvent à leur tour faire les frais d’autres appétits. Aveugles, affamées, assoiffées, les larves de coccinelles entament dès leurs premières heures un terrifiant festin. Leurs pattes ne servent qu’à se déplacer d’une victime à l’autre. Elles pensent qu’à manger. En trois semaines et trois changements de garde-robe, elles deviennent énormes. Leur silhouette de carnassier agile n’est plus qu’un souvenir : obèses et boudinées, elles ne s’arrêtent pas de manger pour autant. Partout les pucerons se dégonflent comme des baudruches. Les feuilles sont couvertes de leurs cadavres creux. La colonie survivra-t-elle ? Au dernier acte de ce carnage, il est bien possible qu’ils y passent tous. Haricots, pois et rosiers peuvent crier victoire.

Peau neuve

En grandissant, les larves boulimiques se retrouvent à l’étroit. Leur mue est l’occasion d’une heure de trêve pour les pucerons. Tiens, que se passe-t-il ? Une larve de coccinelle qui n’a pas faim ? Elle commence par se fixer à une tige avec sa ventouse abdominale. Puis la voici qui se fend d’avant en arrière, contracte son corps de manière rythmée et se dégage progressivement de son ancienne enveloppe. Toute claire comme au sortir de l’œuf, elle s’assombrit en peut de temps. Au bout d’une heure à peine, son festin peut reprendre.

Enfin les ailes

L’ultime métamorphoses des coccinelles est peut-être la plus magique, quand d’un vieux sac noir émerge un insecte parfait à la carapace encore jaune, molle et fripée. Après plusieurs jours d’une immobilité presque complète, la nymphe s »allonge imperceptiblement ? Sa peau s’étire : on devine une bête en transparence. Une fissure s’annonce à l’extrémité tendue de l’emballage. La vielle enveloppe laisse apparaître une armure noire brillante. Puis le contraste des matières s’accentue au fur et à mesure que la déchirure se prolonge. Voici les joues blanches, le dos jaune vif, les antennes frémissantes, les palpes en forme de massue. Une patte émerge. Une autre, puis une autre encore permettent au corps de se dégager progressivement.

Retour au sommet

En fin d’été, les coccinelles se concentrent par milliers au sommet des montagnes. Une stratégie originale pour passer l’hiver au sec. En été, les pucerons deviennent rares. Alors les jeunes coccinelles se rabattent sur d’autres insectes, broutent des fleurs, grappillent du pollen. Tant qu’il y a à manger, elles accumulent les réserves, gonflant leur abdomen de graisse. Puis beaucoup s’assoupissent dans les feuilles mortes ou se terrent dans un coin du jardin, sous une touffe d’herbe. Mais s’il y a une montagne en vue, certaines préfèrent s’y retrouver, parfois par milliers . Elles peuvent ainsi parcourir en vol jusqu’à une quinzaine de kilomètres. Cette migration, grande et risquée pour de si petits insectes, se déroule de juillet à octobre.

Mise au point

Toutes les coccinelles ne sont pas rouges à points noires. Plus d’une centaine d’espèces hautes en couleur mais pas toujours à points peuplent, jardins, prairies et forêts. La plus populaire des coccinelles, celle que nous avons suivie pour cet ouvrage, est rouge à sept points. C’est Coccinelle septempunctata. Le nombre de point ne renseigne en rien sur l’âge de la bête. Née avec deux, cinq, sept, quatorze ou vingt-deux points suivant son espèce, une coccinelle garde le même assortiment jusqu’à sa mort.

Bio par nature ?

Erigée en symbole de l’agriculture biologique, la coccinelle peut conduire à de véritable catastrophe en cas de mauvaise utilisation. L’exemple belge. A la fin du XIX siècle, les cultures fruitières californiennes sont frappées par une véritable calamité. Une cochenille accidentellement débarquée d’Australie dévaste les vergers. Heureusement, un entomologiste d ’avant garde a l’idée d’y introduire une petite coccinelle couleur lie-de-vin, elle aussi australienne. Elle va éradiquer le fléau en trois ans à peine. Cette utilisation de coccinelles sera imitée au quatre coins de la planète, pas toujours avec le même bonheur. La coccinelle à sept points a tout à craindre de l’extension de sa cousine asiatique.

Point final

Ronde, colorée, utile, la coccinelle séduit. Ses migrations, ses métamorphoses, ses festins nous en disent long sur la vie complexe et passionnante des insectes. Avec la jolie bête à bon Dieu, les êtres à six pattes ont trouvé un très bel ambassadeur. Oui, les insectes méritent bien plus que des regards dégoûtés !

 

                       Extrait du livre la salamandre « Amour de Coccinelle »

 

                                               Rédaction Louis VALOTAIRE